Statue Gouvy Hombourg 1 Statue de Thpodore Gouvy à Hombourg-Haut.

Ce bicentenaire a été célébré le 4 juillet 2019 à Hombourg-Haut (département de la Moselle) où est installé l'Institut Théodore Gouvy, créé en 1995. À la frontière sarroise, là où les maitres de forges Gouvy de Sarrebruck avaient racheté un établissement créé au 18ème siècle par Jean Charles de Wendel. C'est dans cette petite ville que Théodore Gouvy aimait à passer ses étés à partir de 1871. C'est là qu'il fut enterré en avril 1898 mais il décèda à Leipzig (où il passait généralement une partie de l'hiver pour être au fait des dernières créations orchestrales). Ses symphonies furent presque toutes jouées au Gewandhaus. 

Le compositeur franco-allemand a été tout simplement effacé de l'histoire de la musique et de l'histoire tout court. Il a dû faire face à certaines critiques qui condamnèrent son oeuvre à la catégorie d'un style sans intérêt (cf dictionnaire Marc Honegger). Cet effacement semble -t-il s'est fait progressivement car dans sa Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique (1860) François-Joseph Fétis parle élogieusement de l'oeuvre de Gouvy. Celle-ci est alors principalement constituée par de la musique de chambre (trio, quatuors, quintettes) et de cinq symphonies écrites dans un style proche de l'école classique et romantique allemande (Beethoven, Mendelssohn, Schumann).

Pour expliquer cette disparittion, on met souvent en avant la question de la double culture de Théodore Gouvy car il naît dans une famille francaise ayant des forges à Goffontaine près de Sarrebruck, territoire qui devient prussien aux termes du Congrès de Vienne, quatre ans avant la naissance de Théodore le dernier des trois fils de Henry Gouvy (qui meurt alors que Théodore n'a que deux ans). Ce sont ses deux frères ainés qui prendront en main les destinées de l'entreprise familiale. C'est donc dans ce milieu bourgeois et aisé que le jeune homme bénéficiera d'une éducation classique en France, à Sarreguemines d'abord puis au lycée de Metz. Il part faire son droit à Paris mais décide l'année suivante, après l'audition d'une symphonie de N-R Reber (1807-1880), d'arrêter ces études et de se former à la composition musicale. Il avait déjà eu une formation de pianiste. Or ce choix, validé par sa mère, nécessita un dispositif spécifique car étant prussien, Théodore ne peut obtenir l'autorisation d'entrer au Conservatoire de Paris. Il faut donc recourir à des cours privés donnés par des professeurs de l'institution parisienne comme le pianiste Zimmerman (1785-1853) ou le compositeur Antoine Elwart (1807-1877). Ce dernierle soutint lorsqu'il s'est agit se donner sa 1ère symphonie en public.

Il obtint la nationalité française à l'âge de 32 ans en 1853.

En 1902, un musicologue allemand Otto Klauwell publie une biographie avec une analyse précise de ses plus grandes oeuvres, en particulier ses cantates que Gouvy commence à écrire en 1876. Elles sont composées sur des textes que Gouvy choisit lui-même et adapte pour une oeuvre originale. Il en fait souvent une traduction en allemand ou à l'inverse de l'allemand au français. Cette capacité à écrire des textes nous révèle un Théodore très cultivé (latin, grec, bilingue français et allemand, poésie française de la Renaissance, mythes et théâtre grec). C'est avec Asléga "cantate dramatique sur une légende scandinave", qui ouvre ce cycle de production qui caractérise les 22 dernières années de la cie du compoditeur. Elle est créée à Paris mais le compositeur n'en est pas entièrement satisfait et ne la fait pas éditer. Douze ans après, il révise l'oeuvre et en récrit certaines parties. Mais cette version doit attendre 2019 pour être créée lors du concert commémorant le bicentenaire.

 

Notes

En 2013, la Hochschule für Musik de Sarrebruck décerne pour la première fois le Prix Théodore Gouvy, mais ce prix n'aura pas de suute. L'école supérieure ne renouvelle pas comme elle voulait le faire tous les deux ans.

 

Références

Honnegger, M. Dictionnaire de la musique: les hommes et leurs oeuvres, Éditions Bordas, coll. Sciences de la musique, 1970, p. Xxx.

 

Fétis, F-J Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, Paris, tome..., p. 

The New Grove Dictionary of Music and Musicians, ed. St. Sadie, 1991, vol. 20, p. Xxx.

Klauwell, O. Theodor Gouvy: sein Leben und seine Musik,

« Colloque Théodore Gouvy », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 19 février 2019, https://calenda.org/563114

 

Liens

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